Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 07:51
 

 

Je me permets de remettre ici l'analyse que j'avais faite pour l'insconcient esthétique de Rancière. J'avoue avoir eu beaucoup de mal à lire ce livre. Non pas pour sa difficulté mais parce qu'en si peu de page on y trouve une pensée très dense qui fait références à beaucoup d'autres ouvrages qu'il est nécéssaire d'avoir lu au préalable pour bien comprendre le propos.

 

Jacques Rancière (1940- ) est professeur de philosophie à l’université de Paris-VIII. Ses livres portent sur l’analyse des concepts politiques et esthétiques dans la philosophie. Son approche se veut originale et se base sur une rencontre pluridisciplinaire entre politique, art et science.

L’inconscient esthétique fût publié en 2000 aux éditions Galilée.

 

 

 Ce livre ne s’occupe pas de savoir comment les concepts freudiens s’appliquent à l’interprétation des œuvres littéraires et artistiques. Il se demande pourquoi cette interprétation occupe une place stratégique dans la démonstration de la pertinence des concepts analytiques. Pour que Freud fasse de l’intrigue œdipienne un principe d’intelligibilité, il faut d’abord qu’un certain Œdipe, appartenant à la réinvention romantique de l’antiquité grecque, ait produit une certaine idée de la puissance de pensée de ce qui ne pense pas et de la force de parole de ce qui se tait. Il ne s’ensuit pas que l’inconscient freudien serait déjà préfiguré par l’inconscient esthétique. Les analyses “esthétiques” de Freud montrent bien plutôt une tension entre la logique des deux inconscients. Ce texte tente d’indiquer les modalités et les enjeux de cette confrontation. 

 

 

Rancière défini l’esthétique comme une terme récent et y entend non pas une science de l’art mais un mode de pensée. Une définition qui résume en quoi l’art est/sont une chose de la pensée.

L’esthétique a pour étymologie aisthesis "sensation 1ere".

 

Traditionnellement on accorde la paternité du mot "esthétique" à Baumgarten philosophe allemand, dans son 1er volume Aesthetica paru en 1750, bien que le terme soit apparu dans un de ses ouvrages précédent en 1735 dans les Meditazioni filosofiche su argomenti concernenti la poesia. Baumgarten définissait l’esthétique comme une connaissance du sensible. Elle démontrait la relation entre 3 domaines (art, le beau et la sensibilité humaine). Cette connaissance sensible est l’intermédiaire entre la sensation (obscure et confuse) et l’intellect (clair et distinct).

Cependant c’est Kant dans sa Critique de la faculté de juger (1790) qui établit le véritable point de départ de le pensée esthétique. Kant appel esthétique le jugement de goût, c'est-à-dire la faculté de juger " le beau et le sublime dans la nature et dans l'art ", en rendant le beau objectif et universel, au contraire du jugement esthétique qui lui est subjectif car susceptible de varier d'un sujet à l'autre. Ainsi l’intelligible et le confus de Baumgarten se confronte à la logique.

Plus tard l’esthétique sera conçue comme une science philosophique. Hegel réduira l’expérience esthétique aux plaisirs que nous pouvons trouver du beau artistique, celle qui forme le "bon goût". Chez Schelling et Schlegel, l’esthétique devient une pensée de l’art, qui s’oppose là aussi à une connaissance confuse.

Schopenhauer et Nietzsche montreront l’importance d’un rapport entre la sensibilité (au sens large) et la culture artistique. Schopenhauer élabore une classification des arts et répartit ces derniers en fonction des Idées qu'ils incarnent : la musique y étant le plus haut des arts, parce qu'elle est une voie vers la Volonté, alors que les autres arts sont liés au sensible.

elle correspond en ce sens à une vision perspectiviste de l'activité esthétique

 

Le terme d'esthétique parvient à Freud encore imprégné de ces diverses influences et chargé de significations. Freud étant contemporain d'une période où le terme d'esthétique acquière le sens dans lequel il s'est solidement fixé aujourd'hui: qui désigne le rapport de l'homme à l'art (ou même de se restreindre à l'histoire de ce rapport).

Rancière définie la révolution esthétique l’abolition d’un l’ensemble ordonné des rapports entre le visible et le dicible, le savoir et l’action.

 

D’où l’exemple d’Œdipe comme emblème de la révolution esthétique, il est le dramatique universel dont la révélation progressive du secret caché se fait par une cure psychanalytique. Il est celui qui sait et qui ne sait pas, à la fois bourreau et victime de lui même, dont le crime est sa soif de connaissance.

Cette notion de savoir et non savoir renvoie directement à Baumgarten, à cette dualité clair/obscure qui oppose l’intellect à la sensation. Cet effet de contraire est le propre de l’art dans l’esthétique, car il est l’identité d’une démarche consciente et d’une production inconsciente. Ainsi une toile révélerai l’intention du peintre, et ses intentions illumineraient la toile. Un tableau ne serait alors qu’une expression de désirs inconscients, de fantasmes que l’artiste transférerai sur la toile.

Cette connaissance confuse évoquée par Baumgarten, Rancière la définie comme une pensée qui ne pense pas, " la non pensée", le pathos qui représente l’identité tragique du savoir subit.

Pathos, Logos (ethos) sont des notions centrales de la rhétorique classique grecque et latine. Le Logos peut générer une forme d’adhésion par le raisonnement, le Pathos contribue à persuader par le biais des émotion. Pour Platon le logos est la parole muette et bavarde à la fois à la différence de la parole en acte (signification à transmettre) et la parole vivante (qui fait acte). Le pathos chez Rancière qui est cette connaissance confuse, cette pensée qui ne pense pas, la "non pensée" s’oppose à son contraire le logos qui est la pensée qui pense. Rancière montre l’imbrication du logos et du pathos entre eux : il y a du logos dans le pathos, de la pensée dans la non pensée et inversement. Cependant la "non pensée" ne veut pas dire l’absence de pensée. La pensée et la non pensée étant chacune dotée d’une puissance spécifique qui aboutie à un lien avec l’écriture qui n’est pas juste une manifestation de la parole mais aussi son statut.



 

Relation entre les deux inconscients

 

 

Il existe un rapport de complicité et de conflit entre l’inconscient esthétique et celui Freudien.

L’inconscient est un endroit situé à l’intérieur de nous-mêmes où nous conservons nos désirs inassouvis car nous n’en sommes pas conscient.

L’inconscient défini par Freud, notamment par le rêve, qui en est la source inépuisable, ne néglige pas son apport scientifique et biologique sans pour autant éloigner les croyances populaires et profanes. Freud contrairement à certaines idées de la science, donne de l’importance aux bizarreries des rêves, et leurs applique sa méthode d’investigation psychologique qui avait fait ses preuves pour résoudre les phobies, les obsessions…Il transforme le contenu latent du rêve (tel qu’il se présente à nous) en contenu manifeste (qui en est la traduction, le sens), qu’il appelle travaille du rêve et qui suis le même parcours que le travail d’analyse via un fil d’associations d’idées, d’enchaînement de pensées.

 

L’inconscient esthétique redéfini les choses de l’art comme union de la pensée et de la non pensée, du logo et du pathos, de la raison et du sentiment.

Cette forme d’inconscient se retrouve dans la littérature, celle qui explore les profondeurs, et explicite les signes. Cette littérature à laquelle fait appel Freud à sa propre idée de l’inconscient. Il est possible d’élaborer une science de la psyché car il existe tout un domaine d’exploration qui lie la science à la superstition et aux croyances populaires.

Dans la Gradiva de Jensen, Freud manifeste un grand intérêt pour l’histoire de cet archéologue Norbert Hanold, ses rêves, sa fantaisie et son délire obsessionnel pour la Gradiva, bas-relief Pompéïen d’une femme qui marche. Celle-ci revient à la vie et parcours de nouveau les rues de la ville. Cependant le lecteur comprend assez vite que la Gradiva est Zoé, une amie d’enfance du héros, qui elle est bien réelle, et avec qui il a partagé des moments d’enfance et ses premiers émois amoureux mais dont il n’a plus aucun souvenirs.

Freud fait une analogie entre l’archéologue et les phénomènes psychiques dans le cadre de la ville de Pompéi : l’ensevelissement par le refoulement (Norbert refoulant ses souvenirs et son désir pour Zoé en parallèle de la ville de Pompéi ensevelie sous la roche de la lave) et l’exhumation par l’analyse (en exhumant la Gradiva Norbert fait ressortir ses souvenirs).

Freud écrit dans une note de l’interprétation des rêves en 1909 pouvoir "mettre en évidence que les rêves nés de la fiction poétique autorisent les mêmes interprétations que ceux qui sont réels, que sont donc à l’oeuvre dans la production du poète les mécanismes de l’inconscient que nous connaissons à partir du travail de rêve."

Freud affirme alors une alliance objective entre les psychanalystes, les poètes et les artistes faisant d’eux des alliés. Car se sont les seuls ayant cette sensibilité qui permet d’explorer les profondeurs de l’âme et de l’inconscient, de comprendre les absurdités et les bizarreries de l’esprit qu’ils considèrent toute au même niveau d’importance sans distinction. Freud cherche à travers eux à remettre la fantaisie au cœur de la rationalité scientifique, loin de vouloir tout ramener au sexuel (pulsion, libido, peur de la castration…).

Cependant ces alliés montrent rapidement leurs limites, car s’ils font preuves d’une sensibilité que le scientifique n’a pas, ils sont éloignés de la rationalité qu’évoque Freud, et ne cherchent pas comme lui la signification de ces fantaisies de l’esprit. C’est alors que Freud s’attelle à appliquer ses théories sur leurs productions artistiques, cherchant à intervenir sur l’idée de la pensée inconsciente qui normes les productions de l’esthétique de l’art, sur les rapports du logos et du pathos (savoir/non savoir, pensée/non pensée) dans l’art et la pensée de l’art. Il s’intéresse au fond et non à la forme.

Le plus souvent cette analyse aboutie à faire ressortir le souvenir/libido refoulé, une obsession, un fantasme, une angoisse enfantine. C’est le cas dans l’étude du souvenir d’enfance de Léonard de Vinci (1910), où un vautour lui aurait ouvert la bouche avec sa queue, et son bec lui aurait frappait les lèvres. Freud s’attache à l’étude des fantasmes, du souvenir, ainsi que des conflits psychiques qui prennent le pas sur l’analyse de l’œuvre elle même. Il cherche à expliquer l’homosexualité de l’artiste, ses formes et ses motifs.

La libido des artistes serait alors exprimée à travers leurs héros pour y sublimer l’œuvre.

Dans le cas de la Gradiva, il y a donc déplacement et refoulement de l’attirance sexuelle, Norbert Hanold faisant une fixation sur la démarche de la Gradiva et des pieds des jeunes filles, on peut parler d’érotomanie fétichiste sur le pied. Cependant cette analyse montre ses limites car l’on peut imputer ces fantasmes à l’auteur même, comme seul invention de sa fantaisie. En tout les cas, ce qui intéresse ici Freud, c’est le déroulement psychique, l’enchaînement causal vers une reconnaissance.

 

Les rapports entre les deux inconscients sont donc complexes, proche en sensibilité mais éloignés en rationalité.

L’interprétation du Moïse de Michel-Ange, s’éloigne de la recherche du fantasme pour s’intéresser aux détails, même les plus insignifiants. Le détail se manifestant par l’écart, en dépit de son appartenance à un ensemble, il participe à l’esthétique de l’œuvre. Freud s’y penche tel une méthode judiciaire d’identification des œuvres en référence à Morelli/Wölfflin qui avaient élaborer le détails comme outils de description, interprétation d’une époque, d’un artiste, d’un style. Le détail sert ici à remonter un processus ou une vérité inavouable. C’est de ce modèle de l’analyse du détail dont ce réclame plusieurs historiens de l’art aujourd’hui (Didi-Huberman). Freud s’intéresse surtout à la recherche du fantasme singulier, à celui de la création, éloigné des préoccupations de l’analyse d’œuvre actuelle qui s’applique à une lecture de la peinture et de son inconscient.

 

Les artistes seraient donc des réceptacles, des médiums de l’inconscient qu’ils peindraient tout n’en ayant pas conscience de leur signification profonde et de leur porté.

 

Les rapports entre les deux inconscients sont donc complexes. La psychanalyse Freudienne suppose la révolution esthétique qui identifie la puissance de l’art à l’identité immédiate des contraires : le pathos/logos, pensée/non pensée.

Freud dans ses analyses littéraire refuse le "mauvais inceste", non pas celui répréhensible moralement, mais celui qui est détaché ce que Freud appelle "une bonne intrigue ", celle qui aboutirai par un processus psychanalytique à la connaissance au savoir libérateur en passant par la culpabilité.

 

 

Rancière à tout au long de l’inconscient esthétique essayer de démontrer en quoi la pensée Freudienne, l’analyse des œuvres, du rêve et de la figure œdipienne est si importante, ce qu’elle apporte à l’esthétique. Qu’est ce que Freud cherchait à trouver dans l’analyse d’œuvres littéraires et plastiques ? et quels liens pouvait on faire entre l’inconscient qui émanait de ses œuvres et que Freud faisait ressortir par l’analyse, et le régime esthétique de l’art ?

Ranciere fait ressortir la complexité des rapports entre les deux inconscients, la dualité qui anime les deux par le pathos et le logos, la pensée et la non pensée, la connaissance confuse de Baumgarten de la sensation fasse à l’intellect.

Par Tama - Publié dans : art
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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 21:57

Aujourd'hui je vais changer un peu en parlant d'un dictionnaire un peu particulier. Il s'agit, comme indiqué dans le titre, d'un livre traitant d'art contemporain par le biais du langage des signes. Ce livre m'a gentiment été offert par l'équipe du Castello de Rivoli (centre d'art contemporain italien) avec qui j'ai travaillé en octobre. Ce dictionnaire s'adapte très bien à la démarche du Castello qui se veut une approche de l'art pour tous.

 

 

Le livre est bilingue anglais/italien est se compose de la manière qui suit : les quarante premières pages proposent des textes dans les deux langues, traitant bien entendu du sujet à travers des interviews et des écrits, avant de proposer une liste de divers mouvements artistique (futurisme, dadaisme, minimalisme, arte povera, art brut ou vidéo etc...) et méthodes/objets (peinture à l'huile, happening, performance, mobile..). La deuxième partie, qui occupe une grande majorité du livre, est diposée de sorte que chaque thème occupe deux pages. Une première pour exposer brièvement le mouvement artistique et la page en face le mouvement à faire en langage des signes étapes par étapes avec là aussi une petite explication.

 

Si vous voulez en apprendre plus sur tels ou tels mouvements d'art passez votre chemin, les textes étant très court. Si vous voulez developper il vous faudra fouiller ailleurs. L'intérêt de ce livre réside plus dans sa démarche. En effet, comment traduire l'art en langage des signes ? Comment traduire un mouvement ou la pensée de celui ci par le geste ? Apprenez à dire "dripping", "actionnisme" ou encore "body art" en utilisant le vos mains.

 

J'avoue que j'ai été surprise par ce livre parce que ce genre de réflexions ne m'avait même pas effleuré l'esprit. Je ne m'étais jamais posée la question de savoir comment fait une personne qui n'utilise pas le langage classique oral pour communiquer sur l'art.

Evidemment, il ne s'agit pas ici de ressenti sur l'art puisqu'il est personnel (ou universel mais c'est un autre débat) mais bien de communication, notamment vis à vis d'un public spécifique.

Ce n'est pas vraiment un livre qui se lit, ni un dictionnaire classique et rigoureux, mais il méritait que l'on en parle car je trouve la démarche intéressante.

Par Tama - Publié dans : art
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 13:16

Après l'avoir vu me faire de l'oeil sur les étagères de librairies et voir fleurir des critiques sur la toile, j'ai enfin décidé de sauter le pas et de m'acheter "Sans âme" de Gail Carriger.

Je ne suis pas vraiment une spécialiste du Bit-lit mais le mélange avec du steam-punk de l'ère victorienne, ajouté à une jolie couverture faisait bien envie. Et bien s'il y a parfois du bon à juger un livre sur sa couverture, là ce n'est pas le cas.  Chronique d'une déception.

 

Synopsis :

Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, ne lui avait pas été présenté ! 
Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. 
Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame -t-il réellement dans la bonne société londonienne ?

 

 

Déjà au niveau de l'écriture de l'auteure petite déception. Le premier chapitre possède un style très lourd qui ne m'a pas facilité l'entrée en matière, heureusement cela s'allège par la suite. Il y a énormément de répétitions inutiles qui plombent le récit. Savoir que Alexia Tarabotti est une vieille fille de vingt-cinq ans mais toujours bien roulée c'est amusant une fois, le répéter toute les deux pages moins...

Gail Carriger ne manque pas d'humour et d'ironie, malheureusement ça manque cruellement de subtilité. C'est bien beau de nous sortir les codes façon Orgueil et préjugés mais n'est pas Jane Austen qui veut. Le livre regorge d'allusions en dessous de la ceinture qu'on voit venir comme un éléphant au milieu d'un couloir.

L'histoire en elle même n'est pas bien compliquée (hélas) pour une intrigue policière et je regrette de la voir coupée dans son élan par des scènes pseudo sexy à l'utilité douteuse. Si ça fait frémir des adolescentes, ça m'a surtout fait facepalmer. Encore plus quand j'ai vu les élucubrations sentimentales de l'héroïne, qui, en plus d'être ras les paquerettes, d'une niaiserie digne d'une ado de quatorze ans, deviennent incompréhensibles. Qu'Alexia Tarabotti n'envisage pas à son âge être encore dans la course et pouvoir se marier, qui plus est par un Lord, peut encore passer, par contre devenir la maîtresse de ce dit Lord pour des parties de jambes en l'air à la vue de tous, ce qui à l'époque (me semble t-il) n'apporte pas grace à votre famille, ça part contre elle peut ??!!

Manque de pot, l'exagération sentimentale et l'essaie de créer une tension sexuelle ne prend pas avec moi. Effectivement je suis relativement peut sensible au charme du grand et musclé Lord Maccon, même s'il aime se balader dans le plus simple appareil, qu'il est écossais et roux.

Je pourrais mettre tout sur le compte de l'auteure qui rêve sa vie comme celle d'une personnage de roman classe et distingué (cf la 4eme de couverture)...

 

Cependant Carriger a porté les bases de l'édifice de son univers que j'espère voir se développer dans les prochains volumes. Bien qu'il ne soit pas extraordinaire, demeure intéressant, surtout si elle a l'idée de rajouter quelques intrigues politique. J'espère également voir se développer les personnages secondaires pour la plupart sympathiques et prometteurs.

 

En somme, Sans âme reste une lecture sympa, certes bourrés de défaults que je n'aime pas dans le genre, mais qui possède néanmoins un potentiel à développer.

Par Tama - Publié dans : Lecture
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 18:06

Bien que je connaisse la série de Sophie Kinsella, j'avoue ne jamais en avoir lu un seul ! C'est désormais chose faite avec le 4eme tome de la grande saga chick-lit que l'on m'a gentiment offert à Noël. Dans le genre je n'ai lu que le diable s'habille en Prada mais ici il s'agit d'une tout autre catégorie.

 Comme je le disais, il s'agit des suites des aventures de Becky, aka Rebecca Bloomwood, désormais marié avec le très charmant (et très patient) Luke. Après dix mois de lune de miel (oui ça fait rêver), où notre héroïne pense avoir mûrie, la voilà de retour à Londres mais force est de constater que dix mois d'absence ce n'est pas rien. Mais comme on dit chassez le naturel, il revient au galop, c'est repartie pour un tour de chauffage de carte bleu.

 

nullRésumé :

Après un long voyage de noces, le retour à Londres est difficile pour Becky Bloomwood-Brandon : pas de boulot, un budget sous haute surveillance, un mari débordé, une meilleure amie occupée ailleurs, des parents en pleine psychothérapie...
Plus une surprise de choc : Becky découvre qu'elle a une soeur, née des amours prénuptiales de son père. Et quelle soeur ! Radine comme un pou, gaie comme une porte de prison, pas féminine pour deux pence, Jess déteste les fringues, le maquillage et le chocolat. Et, surtout, elle a une sainte horreur du shopping !
Finie la belle vie ? Envolés les rêves d'entente familiale ? Terminé le lèche-vitrines?
C'est mal connaître la plus attachante des fashionatas, qui, une fois encore, a plus d'un tour dans ses sacs...

 

Bien que n'ayant pas lu les précédents épisodes, il est facile de se plonger dans l'histoire sans être perdu, ni avoir besoin d'un résumé qui vous plombe les premiers chapitres. Le ton est léger, volontairement caricatural et surtout plein d'humour.

Becky est une consommatrice compulsive, à la fois naïve, maladroite, complètement en dehors des réalités, ayant tendances à ne pas franchement réfléchir à ses actes dont les répercussions sont le plus souvent catastrophiques. A contrario c'est ce qui fait tout son charme. On peut ne pas aimer son côté très gamin qui passe son temps à mentir pour cacher une bêtise encore plus grosse et se fait sermonner par Luke à chaque gaffes, qu'elle s'empresse de recommencer une fois que celui ci à le dos tourné.

Bref, dans cet épisode notre héroïne se découvre une soeur née d'une relation antérieur de son père avant que celui ci ne rencontre sa mère. Ici, on ne fait pas dans le social ou le sentimentalisme. Penser donc! notre accro de la carte bleu pense avoir trouvé dans cette soeur une nouvelle meilleure amie avec qui partagée son addiction, sauf que...si Becky est une consommatrice compulsive parfaitement à l'aise dans une allée de boutiques chic, rien à voir avec sa soeur qui en est le total opposé.

L'auteure s'intéresse donc à la caricature inverse : les économes, voir anti-consommateurs. Ceux qui font attention à leurs dépenses, n'achètent rien d'inutiles, se fournissent en vêtements dans des dépôts et se nourrissent à l'armée du salut. Jess est donc l'exacte opposée de Becky. Si tout le monde (même Luke) souhaite que Becky en prenne un peu de la graine, il ne faut pas non plus voir Jess comme un exemple. A force de passer son temps le nez dans ses comptes et à faire attention à tout, on en oublie de vivre, de s'amuser et surtout de se faire plaisir ! On a donc droit à la confrontation de deux univers, entre l'hyperactive Becky et la très posée Jess. Au bout d'un moment ça ne peut faire que des étincelles et il est amusant de voir Jess finir par pêter les plombs.

De même que l'on peut voir peu à peu le petit monde de Becky s'écrouler autour d'elle jusqu'à la voir toucher le fond. On récolte ce que l'on sème !

 

Le scénario du livre est relativement mince, bourré de grosses ficelles et on sait tous que ça va finir en happy end mais qu'importe ! On passe un bon moment (en tout cas moi j'ai passé un bon moment) à lire les aventures de Becky pelotonnée dans son canapé un dimanche après-midi pluvieux.

L'histoire se conclue, certes, mais de manière un peu brutale mais on sent bien que c'est pour enchaîner sur la suite : l'accro du shopping attend un bébé. En tout les cas, c'est avec plaisir que je retrouverais les mésaventures de Becky.

Mention spéciale humour aux  interludes épistolaires qui ponctuent le livre et ne manque pas de piquant.

Par Tama - Publié dans : Lecture
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 15:44

Bonjour Tamago est un livre que j'ai reçu par le biais de l'opération Masse critique de Babelio. J'ai toujours apprécié les livres pour enfants, notamment pour leurs illustrations, c'est donc avec plaisir que j'ai lu Bonjour Tamago.

J'avais déjà eu l'occasion auparavant de feuilleter les aventures du poussin dans les rayons des librairies ainsi que les autres livres proposés par les éditions Nobi-Nobi.
J'ai également pu apprécier le soin que ces derniers apportent à leurs éditions et à leurs communications, puisque j'ai reçu en plus du livre, une fiche de présentation de l'auteur et ses travaux, ainsi qu'un petit catalogue. Attention très appréciable !

 

http://www.manga-sanctuary.com/couvertures/big/bonjour-tamago-livreillustre-volume-1-simple-44314.jpg

Résumé

Dans leur nid, les oeufs que Maman Poule a couvés avec amour sont sur le point d’éclore. Les poussins brisent leur coquille pour sortir au grand jour, tous sauf un, qui donne des coups de bec avec acharnement mais n’arrive pas à se dégager. Sa mère et ses frères tentent bien de l'aider, mais rien à faire… Voilà le petit poussin condamné à rester enfermé dans son oeuf ! Avec le temps, Tamago ne grandit toujours pas mais s’habitue peu à peu à sa condition, et finit par y trouver des avantages. En effet, le jour où ses petits frères et lui se font attaquer par un corbeau, Tamago va découvrir qu’il est parfois bien utile de ne pas être comme les autres !

 

Pour en revenir au livre même, il possède une couverture cartonnée avec vernis sélectif  ce qui donne un très jolie objet. En plus de l'histoire, on peut y découvrir une petite biographie de l'auteur avec un petit mot présentant son récit et une signification du nom du héros qui veut dire "oeuf" en japonais.

L'histoire est mignonne et joliment racontée avec un dessin simple mais néanmoins enlevé et dynamique. Il a certes peu de décors mais les personnages de Tamago et sa famille sont très expressifs. Ce qui fait que l'ensemble est très simple à comprendre sans avoir besoin de grand discours et montre bien qu'on peut y arriver en étant différent ou en prenant des chemins détournés. Il faut de tout pour faire un monde et on a toujours besoin de gens différents.

Pour conclure, Bonjour Tamago est un adorable récit pour enfants capable de charmer également les plus grands comme moi.

 

 

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Par Tama - Publié dans : littérature jeunesse
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 13:38

Encore un livre critiqué lors de l'opération Masse critique de Babelio.

 

Histoire :

Dans les dernières années du XVIIe siècle, un des plus petits États d’Europe, le duché de Lorraine, se relève de l’occupation française et des guerres dans l’espoir de connaître une génération de paix. Nicolas Déruet est chirurgien ambulant. Son destin va basculer le jour où il rencontre Marianne Pajot, accoucheuse à Nancy.
Emprisonné à la suite d’une opération où le patient est décédé, Nicolas est obligé de s’exiler dans les armées de la coalition, en guerre contre les Turcs. Des campagnes lorraines aux steppes hongroises, des masures abandonnées aux ors des palais royaux, il connaîtra le destin hors norme d’un homme guidé par l’amour et l’ambition de révolutionner la médecine.

 

 

Je vais donc essayer de faire passer mon ressenti en lisant ce livre.

Le soleil sous la soie, possède d’abord une bien jolie couverture très agréable au toucher et dont l’allure sombre au titre exotique laisse, par la suite, rêveur. Dans l’ensemble, ce roman ce révèle intéressant sur certains point et très décevants sur d’autres.

 

L’un des points qui m’a le plus passionné, car méconnu pour moi, c’est l’histoire du duché de Lorraine face à son voisin la France. J’imagine que l’auteur c’est bien documenté aussi bien sur les étapes militaires, que sur les différents protagonistes qui entourent le duc. J’avoue avoir été perdue parfois –une habitude chez moi- entre les noms de certains éminents personnages, leurs grades et leurs fonctions auprès du duc dans un premier temps.

L’autre point intéressant est la chirurgie bien entendue. C’est de voir à travers Nicolas Déruet, l’état de cette discipline à cette époque, les conditions parfois précaires, qui aujourd‘hui nous paraissent archaïque, ajouter aux remèdes de grand-mères. Sans oublier les expériences et découvertes plusieurs fois montrées à travers les diverses lectures des personnages qui montrent aussi l’ancienneté et les progrès qu’il nous restait (et nous reste) encore à faire. Encore plus lorsque l’on voit Marianne Pajot, accoucheuse de son état, sorte de pendant féminin de Nicolas qui nous montre un autre aspect et de ce que les femmes pouvaient endurer.

La fameuse rivalité médecin/chirurgien est finalement minime dans l’histoire, bien qu’elle soit l’élément déclencheur du départ de Nicolas sur le front.

 

J’avoue avoir été déçue, mais cela n’est imputable qu’à moi même à cause de mes attentes, parce que je n’ai pas trouvé dans ce roman un aspect plus cru et sombre. Cependant, on remerciera l’auteur de nous épargner un aspect trop documentaire, objectif et sans âme, pour une version plus romancée.

Pourtant, certains passages m’ont été pénible à lire, non par leurs contenus mais bien à cause de leurs personnages qui pour moi et l’un des gros point noir du livre :

Le plus gros étant Rosa de Cornelli. Il y a parfois dans les romans des personnages exécrables que l’on adore détester et d’autres qui vous gâchent une lecture, Rosa fait partie de la seconde catégorie. Jamais vu personnage plus égoïste, au comportement puéril. C’est simple, elle n’évolue pas du début à la fin du roman, sa seule ligne de défense face aux problèmes est de pleurnicher et de se faire plaindre des autres. Son désir de liberté et de vouloir fuir avec Nicolas (parfait inconnu à ce moment là) dans les premières pages du livre prête à sourire, et l’on le met facilement sur le compte de la jeunesse. Seulement, avoir le même raisonnement des années plus tard, c’est simplement ridicule, parce qu’elle semble parfaitement incapable de vivre sans son petit univers lotie dans de la soie. Toute les manigances qu’elle met en œuvre pour s’accaparer un homme qu’elle n’a vu qu’une fois il y a plusieurs années… c’est à la fois incompréhensible par son manque de réalisme et rajoute encore une fois au mercantilisme du personnage.

Rosa a aussi le pouvoir de rendre fade tout les personnages qu’elle touche :

Nicolas d’abord, leurs atermoiements amoureux sont dégoulinant de niaiserie dans les moments où ils sont ensemble au point de vous donner envie de sauter des pages.

Azlan ensuite, personnage que j’ai particulièrement apprécier. Du petit tzigane sur les champs de batailles, au jeune homme plein d’enthousiasme pour la chirurgie, elle vous le transforme en coquet à froufrou qui préfère le jeu de paume. Le pire restant, après la rupture de Nicolas et Rosa, que cette dernière le ralliera à sa cause en laissant pourrir la situation. Ce passage fût d’ailleurs d’une grande pénibilité pour moi : Rosa est la fautive de la situation en se retrouvant le nez dans son propre caca dans un juste retour de bâton mais au final c’est Nicolas qui paie les pots cassés en passant pour le grand méchant. Un comble.

Je préfère donc largement un personnage comme Marianne Pajot : beaucoup plus forte psychologiquement (il en faut avec son métier), plus indépendante et débrouillarde mais ayant tout de même des faiblesses ainsi qu’une part d’ombre.

L’autre personnage qui malheureusement perd des points sympathie en cours de route est Nicolas. Homme au départ humble, passionné par son métier et sans réel attache, il devient au fur et à mesure un peu trop droit, intègre…un peu trop propre et lisse en somme en finissant de s’empâter dans la ville. De même que le schéma narratif mit en place par l’auteur ne lui donne pas gain de cause. Chaque fois qu’un problème –non chirurgicale- se pose, il fait appel au duc. Certes cela sert d’avoir des amis haut placés mais utiliser la carte "duc" à tout bout de champ donne l’impression que le personnage ne sait rien faire par lui même. De plus le fait d’avoir fréquenté Rosa finit par déteindre sur lui. Ses réactions deviennent peu compréhensible, comme la fois où il apprend que Rosa à manigancer pour le faire croire mort à Marianne. Cela lui semble normal et pardonnable car fait par amour, par contre ne pas avoir voulu donner un centime ni reconnaître un enfant illégitime, c’est inacceptable. Alors que de mon point de vue, faire croire à un être cher votre mort pour s’accaparer votre attention et baser ainsi toute une relation sur un mensonge, me semble quand même plus grave. Ce cher Nicolas reviendra finalement la queue entre les jambes vers Rosa une fois Marianne partie, achevant de faire sombrer ce qui restait de bien dans le personnage.

 

Au final l’auteur se focalise sur une poignée de personnages, au détriment des autres. A plusieurs reprises des protagonistes apparaissent pour disparaître peu de temps après alors qu’il aurait été intéressant de les développer. En général je prends plaisir à retrouver des personnages apparu un peu plus tôt dans le récit, malheureusement dans le roman d'Eric Marchal, l’apparition n’est que de courte durée puisqu’il s’agit de les faire mourir, pour la plupart quelques lignes plus loin, sans que cela apporte grand chose à l’histoire. Si bien que l’on peut se demander quelle importance ils ont pour le récit…

L’auteur semble passer son temps à développer des pistes d’histoire dans l’histoire sans que jamais cela n’aboutisse ou alors finisse en queue de poisson. Le plus frustrant restera Ribes de Jouan. Son apparition donne un nouveau souffle au récit, en lui rajoutant un peu de mysticisme alchimique au passage, pour nous planter là, alors que ce cher Germain semblait avoir eu un éclair de génie sur le plus grand secret de tout les temps. Cette pirouette scènaristique malheureusement ne prend pas, car déjà vue et mal mise en scène ici par un auteur en manque d’idée.

En parlant de scènes, je me suis interrogée à plusieurs reprises sur l’intérêt de certaines tellement elles semblaient hors contexte.

Parce qu’au fond il n’y a pas vraiment d’histoire. Passé les deux cent premières pages et le retour de Nicolas de la guerre, on pourrait croire que celui ci va passer le reste du roman à laver son honneur… il n’en est rien. L’honneur est rapidement lavé et la vie paisible de Nicolas se poursuit dans un aspect tranche de vie, ponctuée de cas chirurgicaux et de petites intrigues avec comme trame (et seul fil rouge ?) l’histoire de la Lorraine.

 

Je préfère m’en tenir là, tellement il y a de choses à dire en détails. Si j’ai l’air de démolir ce roman il n’en est rien. Il reste une lecture plaisante et facile, au fond intéressant mais dont les formes restent encore à soigner.

 

 

Par Tama - Publié dans : Lecture
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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 15:33

Troisième épisode de cette sympathique série aux accents de contes de fée moyenâgeux revisités - toujours avec humour -. Ici on s’attaque au légendaire baiser de princesses qui transformerait les vilains crapauds en beaux princes.

Car il est bien question d’apparence dans ce tome, où chacun cherche le prince (ou la princesse) de ses rêves. Attention au choc, les images sont souvent un peu trop flatteuses et loin de la réalité. Ce qui entraîne forcement quiproquos en pagaille –surtout lorsque les oiseaux s’en mêlent et que l’on saupoudre le tout de magie- lorsque notre princesse Cécile attend le fameux prince de ses rêves qui viendra lui faire la cour (dans la pure tradition chevaleresque). Encore une fois, on frôle presque la catastrophe quand Cécile se rebelle contre ce mariage arrangé une fois en face de son tant attendu prétendant.

Cet épisode se présente sous des auspices plus fémins et romantiques, tout en se jouant des codes que l’on trouvent habituellement.

 

On apprécie le dynamisme de l’histoire, la modernité du ton et du langage, et les divers personnages qui apportent leur pierre à l’édifice de cette BD.

Le seul reproche que je pourrais faire à cet épisode, c’est sa brièveté, et la résolution happy end (conte oblige) un peu rapide. Cependant, à peine la dernière page tournée je regrette qu’il n’y en ai pas plus et j'attend avec impatience la suite pour voir si cette fois les oiseaux arriveront à mettre un peu plus le bazar.

 

Le royaume T3 a été chroniqué dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio.

 

Par Tama - Publié dans : BD
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 16:42

" Je suis mort il y a vingt-cinq ans. A vingt-cinq ans. D'une mort pas belle. D'abord tombé, le bec dans le sable, sur la plage de Coney Island. Désolé, Mr. Reed, même avec la meilleure volonté du monde, je n'aurais pas pu "jouer au football pour le coach" ce jour-là. Mal allongé, j'ai failli en rire.

 

Coney Island, Le Havre, Paris. Cette chronique des derniers mois d'un jeune dandy de province condamné par une maladie mystérieuse est aussi l'histoire singulière de ces quelques années intenses où toute une génération de "jeunes gens modernes" basculait soudain de l'insouciance des seventies dans l'inexorable folie des années 80. Vif et tendu, avec un rien de mélancolie et beaucoup d'humour, cet instantané capture l'essence même d'une époque. Les filles portaient alors des t-shirts Alice Cooper, les garçons tombaient sous le charme de Mireille Perrier, Boy Meets Girl. Boys meet boys aussi. Tous avaient du mal à croire qu'on pouvait aimer et en mourir, le rock était la vie et chacun se rêvait plus ou moins chanteur pop. C'était il y a vingt-cinq ans. "

 

 

Tout d’abords, avant de parler du contenu, je veux m’arrêter sur la couverture. Cela peut paraître anodin mais j’ai beaucoup aimé ce mélange de cian et de gris. Cela donne un effet assez classieux, propre, peu habituel. J’ai aussi beaucoup apprécié la texture de la couverture.

 

Concernant le livre en lui même, il est court et se lit rapidement avec un grand plaisir malgré une thématique qui ne prête pas forcement à sourire. Le narrateur va nous parler de sa vie, ou plutôt de ses derniers instants, à travers des moments passés avec ses amis et ceux qu’il a aimé. Finalement, parler des autres ça en dit aussi long sur soi.

 

Au début tout se mélange, le temps, les lieux (Coney Island, Le Havre, Paris)…puis se mettent peu à peu dans l’ordre. Et là, les choses s’éclairent. Celui qui nous parle est mort ou en train de mourir, du SIDA plus exactement. A l’heure où l’on ne savait pas encore trop ce que c’était…et le voilà seul notre héros, face à la maladie. Malgré les virés entre copains qui vivent de musique et d’eau fraîche en espérant percer un jour…Malgré les souvenirs, le soutient, le bon temps passé ensemble…Il est seul. Seul face aux médecins français qui ne savent pas trop gérer cette affaire là et préfèrent traiter un cancer. Seul face au désarroi des américains qui prennent ça avec des pincettes voir avec dégoût. Après tout n’est ce pas un juste retour de bâton après ces années de libération sexuel et une juste punition divine contre les homosexuels ?  Une bien terrible façon de payer un écart de conduite, un jour en Afrique.  Et tout ça, à cause d'une pomme...

Cependant on ne tombe jamais dans le pathos ou le larmoyant. Notre jeune dandy prend avec humour son cas, parfois de manière sarcastique voir un peu noire. Mais il vaut mieux en rire non ? Il nous parle même jusque dans la tombe, même après la mort et les années qui passent où il ne reste que les souvenirs et un brin d’imagination. Il nous parle de cette jeunesse qui semblait libre et insouciante. Une vie pas forcement exceptionnelle, avec ses défauts, ses morceaux abîmés, ses coins cornés...mais animée d'une lueur que seule ce souvenir d'une jeunesse sublimée pouvait lui donner. Un mort qui se raccroche à la vie. Ca peu paraître ironique mais jamais pathétique. C’est un mort qui n’aura pas tellement vécu mais qui voudrait bien qu’on se souvienne un peu de lui, alors il nous raconte pour nous dire comment tout cela a fini et commencé. Ainsi la boucle est bouclée.

 

Jérôme Soligny me parle d’une jeunesse que je n’ai pas connu mais que je peux imaginer avec ses titres musicaux en fond.

Je suis mort il y a vingt-cinq ans est donc un livre qui se lit rapidement et facilement mais qui laisse un petit quelque chose une fois refermé. Un récit sobre et intime. Et où mes pensées se sont attardées comme un moment de recueillement.

 

 

 

Par Tama - Publié dans : Lecture
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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 23:24

Parlons bien, parlons BD !  A vrai dire, j’aime énormément la bande dessinée, je lis surtout des mangas mais j’essaie toujours de varier. Dernièrement je complète certaines séries qui avaient des trous, ce qui m’a permis de me replonger dedans. Une en particulier qui m’avait marqué et me marque encore : Transparent.

De son vrai nom "satorare", c’est un manga en 8 tomes. 8 tomes qui concluent en fait le 1er cycle, la suite s’intitulant satorare neo avec seulement 2 tomes et se passant quelques années plus tard, mais apparemment toujours pas fini et en stand-by à ce que j’ai compris.

 

 

De quoi ça parle au juste ? Bien de Transparent… Les transparents sont en des êtres humains tout ce qu’il y a de plus normal à la différence que toutes leurs pensées s’entendent. Imaginez que les gens autour de vous puissent entendre tous ce que vous pensez tout bas mais que vous ne dites pas tout haut, même les choses les plus intimes ou embarrassantes. Imaginez…Vous croisez une jeune femme ou un jeune homme dans la rue et pensez qu’il/elle est bien roulé(e), vous fantasmez sur un/une de vos collègues, vous pensez que votre patron est un gros con, vous dites à vos parents que vous allez réviser chez une amie alors que vous sortez en douce, vous discutez avec quelqu’un en essayant de faire bonne figure mais vous n’arrêtez pas de penser que la conversation est ennuyeuse au possible…et bien tout ça les gens l’entendent et le savent.

En contre partie les transparents sont de véritables génies et considéraient comme des trésors nationaux. L’histoire se passe au japon et nous montre comment la société a mis en place un programme de protection des transparents pour qu’ils ne sachent rien de leur spécificité.

Il est demandé à la population de faire comme si de rien n’était et les transparents sont eux même surveillés et protégés en permanence par le gouvernement.

 

 

Satorare nous présente donc plusieurs de ces transparents (ils sont relativement peu nombreux au japon et l’histoire ne nous les montrera pas tous ou alors brièvement). Le 1er présenté est Yukio Nishiyama étudiant en physique quantique considéré comme l’homme le plus intelligent du monde avec ses lunettes en cul de bouteille, et en même temps véritable obsédé des grosses poitrines et handicapé avec la gente féminine.

Puis on rencontrera Lin Katagiri lycéenne transparente pleine de vie qui dit tout ce qu’elle pense ce qui fait qu’il est difficile au premier abords de voir que c’est une transparente (et l’occasion de quelques situations délicates dites tout hauts). Shigefumi Shiraki second transparent recensé au japon et conscient de sa condition, ce qui l’a grandement traumatisé, au point qu’il a préféré s’exclure de la société, Ken’ichi Satomi dont le rêve est de devenir chirurgien, Jiro Iwata qui aspire à entrer en politique, et bien d’autres…

 

Ce manga est intéressant car il pose plusieurs réflexions sur un univers tout à fait crédible : Doit on dire à un transparent qu’il en est un ? Peut on construire une famille ou une relation de couple heureuse en étant transparent ? Un transparent peut il exercer un métier dans le domaine de la médecine ou la politique qui est couvert par le secret professionnel ? Doit on influencer un transparent dans ces choix de carrière afin que cela soit bénéfique à l’ensemble du pays ?

Tout au long du manga différentes situation et cas de figures seront présentés : les personnes qui veulent voir disparaître les transparents, ceux qui ont le pouvoir d’être hermétiques à leurs pensées, ceux qui essayent de vivre en sachant qu’ils sont transparents, comment vit on avec des transparents dans d’autres pays…

La vie n’est donc pas facile tout les jours pour eux autant que pour ceux qui les surveille. L’émission des pensées des transparents étant différente pour chacun, elle peut s’étendre de quelque mètres à plusieurs km sous une émotion forte. Ce qui peut gêner le voisinage ou bien influencer les gens.

 

Nous vivons dans une société où –pour reprendre une maxime d’un docteur célèbre- tout le monde ment. Pour vivre en société les gens font des concessions ou des choix par forcement facile, se frustrent…alors qu’un transparent par définition ne peut pas mentir, malgré lui. Nous vivons dans une société hypocrite, et le manga amène a penser, peut on vivre autrement ? Pourrait on vivre dans un monde où tout le monde dit ce qu’il pense ? Toute vérité est elle bonne à dire ?

 

Il me semble que cette série n’a pas eu un succès retentissant en France car n’étant, déjà, pas très attrayante. Les couvertures des tomes sont assez moches, la faute n’en revient pas à l’éditeur Glénat mais son auteur Makoto Sato qui était juste là assistant mangaka. Cela se voit sur les dessins, parfois grossiers ou maladroits, et une colorisation des illustrations pas franchement géniale. L’autre reproche que je ferais à la série, c’est d’être parfois trop bavarde et explicative surtout dans certaines scènes d’actions, et des passages très en dessous de la ceinture dans la premiers tomes. Mais après tout c’est humain de penser à ça, non ?

Bref, transparent n’est certes pas ma série préférée, mais elle m’a beaucoup marqué par les thèmes et réflexions abordées. Elle mérite à mon sens qu’on y jette un œil.

Par Tama - Publié dans : manga
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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 12:02

Petite MAJ après un long moment d'absence (difficile de concilier boulot, mémoire, lecture et autres plaisirs..). Toujours des lectures mais au ralenti. Bref...

Petites news donc, pour parler à la fois travail et livres puisque j'ai participé à la création de l'affiche pour le -tout jeune- prix des loupiots. Le prix à donc été décerné à "la bande à Tristan" de Marie-Aude Murail par les élèves de l'école primaire Balguerie.

 

 

Et voici donc l'affiche en question :

 

Par Tama - Publié dans : expo
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Je souhaite la bienvenue à toute personne de passage sur ce modeste blog, qui n'a que pour seul ambition de faire partager mes impressions et mon goût de la lecture. En tout les cas, n'hésitez pas à laisser un commentaire, une appréciation, les échanges sont toujours les bienvenus.

 

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