Arthamios tome 1 "Chronique d'un Esprit Vagabond"

Publié le par Tama

 

J’ai acheté ce livre au moment où je découvrais son auteur lors du salon du fantastique qui s’est tenu à Paris début Novembre. Je faisais le tour des stands avec une amie pour discuter avec les nombreux auteurs et éditeurs présent, ce qui était une bonne occasion  de découvrir de nouveaux horizons de lecture.
J’avoue que c’est étrange –sans doute à tort- de critiquer un livre après avoir rencontré et discuter avec son auteur. Ce dernier encourage d’ailleurs les lecteurs à venir faire part de leurs impressions sur son roman en lui envoyant un message. Je ne sais pas encore si je vais le faire, en tous les cas je vais en parler ici. Il s’agit donc du premier volume d’une trilogie (comme beaucoup dans la fantaisie) dont le dernier volume paraitra en 2014. A l’heure  actuelle, je n’ai pas lu le second, bien que d’après l’auteur les volumes peuvent se lire séparément, les livres étant auto conclusif, mais il vaut mieux avoir lu le premier d’abord pour une meilleure compréhension.

 

 

http://blog.editions-midgard.fr/wp-content/uploads/2012/06/Arthamios.jpgHistoire :

Moi, Salarios, suis arrivé en sauveur. J'ai asservi le grand conseil des mages. J'ai bâti mon empire. J'ai fait des hommes, peuple d'esclaves, l'espèce la plus puissante des terres connues. Il ne me reste plus qu'à soumettre Rachel, mère des magies. Elle devra m'obéir, m'aimer, malgré elle s'il le faut. Mon plan est en marche...

 

Nous nous retrouvons donc avec Arthamios, j’avoue avoir eu du mal avec le prénom, personnage amnésique qui tombe du ciel pour se retrouver au milieu d’une forêt avant d’être secouru par un géant. La suite de l’histoire va être d’aider le personnage à recouvrer la mémoire tout en apprenant un peu plus sur le monde dans lequel il est tombé mais également résoudre le conflit qui s’est engagé avec Salarios le magicien et accessoirement grand  méchant de l’histoire.
En toute honnêteté, le livre se lit facilement mais n’apporte pas de grande originalité dans le monde de la fantasy.
Déjà commençons par la forme. Le livre a plusieurs petits soucis à ce niveau-là.  Je n’évoquerai pas en détail de l’absence de la carte du monde qui n’est présente que sur le site internet de l’auteur dans ce premier tome. Je parle surtout de mise en page : des tirets de dialogue alors que la conversation est terminée, des italiques alors qu’il n’y en a pas besoin…ce n’est pas grand-chose mais mine de rien ça perturbe un peu la lecture. Pour en revenir au dialogue, j’ai eu parfois des difficultés à discerner quel personnage parle lorsqu’ils sont plusieurs. Il n’y a pas vraiment d’indice que ce soit dans le ton ou les informations données. Ce n’était pas tout le temps mais là aussi il y a eu une gêne dans la lecture. De même que la façon dont les gens discutent entre eux manque de fluidité, ne font pas très naturels et certains dialogues ne font que répéter ce qui a été dit deux pages avant sans rien changer aux lignes du texte ou apporter quoi que ce soit de plus à l’intrigue.

Le vocabulaire est simple, peut-être trop, ce qui a tendance à appauvrir le texte. Ce qui donne lieu à une succession de phrases courtes qui donnent un effet saccadé à l’ensemble et de rend pas vraiment compte de ce qui se passe notamment dans les scènes d’actions. Ces dernières manquent d’ampleur et d’épique, l’auteur essaie de leur donner cet effet sans y parvenir. Je pense notamment à la bataille de fin, trop courte, et finissant de manière abrupte. Ce qui fait que je les ai trouvées ratées. Il y a un manque de renouvellement dans le vocabulaire et les expressions comme « une larme coula sur sa joue » répété tant de fois que j’ai fini par croire que les personnages ne pleurer que d’un œil. Je ne demande pas à l’auteur d’écrire du Balzac et je n’ai rien contre la sobriété, mais là, force de reconnaitre que ça ne passe pas très bien par moment.
L’énigme avec des échecs en fin de roman aurait pu être un passage intéressant, sauf qu’il fait tâche car non seulement nous n’avons rien vu de similaire avant, ce qui rend ce passage sorti de nul part complètement hors contexte, mais sa description est lourde. Heureusement cela ne dure qu’une page et si vous n’êtes pas féru de ce jeu cela risque de couper votre élan de lecture.


Parlant maintenant du fond. Sans être devin, j’ai rapidement su qui ou au ce qu’était Arthamios et d’où il venait, hypothèses qui se confirment vers le milieu du roman avant d’avoir une confirmation à la fin. De ce côté-là, pas de surprise, alors que je m’attendais à mieux surtout vu ce qu’en avait dit l’auteur. Le reste des personnages est sympathique mais là aussi rien de bien nouveau sous le soleil. Je reprocherai juste à Salarios, censé être un personnage puissant et craint de manquer de charisme et de n’avoir que pour seul ligne de caractère d’être méchant parce que…bien…c’est le méchant.
Le quota féminin est relativement bas et le rôle de certaines minimes, je pense à Amania qui n’a fait que de la figuration avant de n’être qu’une autre demoiselle en détresse. L’histoire d’amour entre le héros et Jydyne ne semble être là que parce qu’il en fallait une et est traité de manière rapide sans que de mon côté je comprenne l’attachement qui unit les deux personnages l’un à  l’autre. En tous les cas pour Arthamios cela ressemblait à une forme d’opportunisme parce qu’il n’avait rien d’autre affaire à ce moment-là. Le passage avec Hielios est d’ailleurs symptomatique du manque de subtilité dans la romance.
Concernant le héros, le fait de ne plus avoir de mémoire, outre le fait d’être un cliché scénaristique certes classique pour entrer dans un univers inconnu, ne provoque pas vraiment de questionnement chez lui. Jamais il ne se demande s’il a de la famille ou des enfants qui s’inquièterait pour lui, ce qui aurait pu être intéressant avec Jydyne par exemple. Son état ne semble pas le préoccuper plus que ça, tout cela ne provoque rien en lui.
Avec tout cela, l’auteur tente également une pointe d’humour scatologique dans un passage avec une potion ratée de Jydyne qui m’a fait me facepalmé.
L’auteur s’essaie également à des intrigues politiques avec des alliances et des complots, ça reste là aussi très basique mais les dialogues entre les parties maladroits et pas très subtil. Là aussi dommage.

Au niveau de l’univers créer cela semblé être le fer de lance de l’auteur qui voulait s’éloigner de classique nains et elfes. Soit, c’est tout à son honneur. Seulement là non plus je n’ai rien trouvé de bien original. On y retrouver pêle-mêle des lycans, des faunes (rebaptisés fiaunes), des bouquetins -pardon Bouctins-, tolmec qui m’a également fait penser à Nausicäa,  des hommes arbres et poissons…ce qui est au final très inspiré de choses déjà existantes. Soyons clairs, je n’ai rien contre le fait de reprendre ce qui existe déjà et de le mitonner à sa sauce, je suis même friande de référence (d’ailleurs il y en a plusieurs dans le roman entre : Argonaute, Icarios pour Icare,  Hielios pour Hélios…) mais pas qu’on me le vende comme quelque chose d’inédit. Ici on ne fait que basculait sur autre chose.
Il y a aussi à mon goût un manque d’inspiration dans les noms des lieux : forêt des ombres/songes, empire des ténèbres, en passant par Hybernia dans l’empire des glaces…

Il y a aussi quelques incohérences dans l’histoire par exemple : Rahauric est au départ présenté comme faisant partie des derniers géants, il en existe donc d’autres et celui-ci en est conscient, alors que vers la fin le héros est surpris d’apprendre que son ami n’est pas le dernier et que des géants cachés existent encore. Ce qui m’a laissé dubitative.

 

 

Dans l’ensemble, à cause de son manque de fluidité j’ai dû faire plusieurs pauses de lecture. Certains passages sont plus prenants que d’autres mais ce que je reproche surtout au titre c’est son inégalité, son manque de subtilité et de profondeur.  J’espère sincèrement que l’auteur s’améliore au second tome car il y a quelques personnages sympathiques et des idées à creuser. Certes, il est facile de démolir un livre mais en toute honnêteté ce titre est pour l’instant oubliable et relativement moyen, pas mauvais, juste moyen.

Je ne découragerais pas l’auteur dans la voie qu’il a choisi mais des améliorations sont encore à faire.

Publié dans fantasy

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