Dur, dur

Publié le par Tama

Banana Yoshimoto est une auteure que l'on m'a recommandé, en particulier un de ses livres "Kitchen". J'ai donc décidé de me lancer dans la bibliographie de la dame mais en commençant petit avec Dur, dur qui es un recueil de 2 histoires.
Celles-ci ont en commun la mort d'une personne chère et le travail du deuil mais traitées de manière différente.

 

http://rocharchambault.com/wp-content/uploads/2013/08/banana_yoshimoto-hard_luck.jpg

La première s'oriente vers le fantastique avec la présence d'esprits et de fantômes dans une ambiance étrange et lourde ressentie par la narratrice. Ce que j'aime avec le japon, c'est la présence du fantastique dans le quotidien sans que cela soit étrange ou ne choque. Après être passé devant un tombeau alors qu'elle se promenait pour rejoindre son hôtel, une femme se remémore une personne avec qui elle a vécue. Cette jeune femme, morte depuis maintenant quelque temps, entretenait un lien particulier avec le monde des esprits. A travers une série de rêves que fera la narratrice dans cette nuit étrange à l'hôtel, elle rencontrera une femme étrange mais aussi son ancienne compagne. C'est aussi l'occasion de revenir sur leur première rencontre, leur vie à deux mais aussi ce qui les a séparé. C'est une histoire d'amour singulière qui a unis, voir à sens unique pour l'une. Deux personnes qui ne se connaissaient pas tout à fait, ne s'entendaient pas forcément sur tout mais sans jamais se disputer. Cette nuit si étrange, dont on arrive à sentir la lourdeur et la moiteur, est l'occasion de faire le deuil de cet être cher mais aussi de revenir une dernière fois sur ces moments passés et des non-dits, pour ne garder que les bons moments même anodins.
C'est aussi le moment de faire la paix avec soi-même et d'aller de l'avant.


La seconde nouvelle met en avant une histoire d'amour entre deux personnes que la mort rapproche. Malgré les circonstances qui ne sy' prêtent pas des liens se créent et on espère qu'une fois l'épisode passé, ces deux-là se retrouveront. La particularité de cette histoire c'est que la soeur de l'héroïne n'est qu'en sursit. Victime d'une attaque cérébrale et désormais dans le coma, ses proches passent par une phase d'espoir en espérant un éventuel réveil avant de se rendre compte de l'évidence. Bien que le corps aille bien, le cerveau lui est mort et Kuni-chan ne tient encore que grâce à l'aide de machines. Pendant un mois, ceux qui l'ont connu doivent faire le deuil d'une personne qui n'est pas encore morte mais dont il n'y aucun espoir de rémission. L'histoire évoque aussi ce temps suspendu en attendant la mort, pour qu'ensuite la réalité reprenne ses droits et le temps son cours. C'est aussi se remettre en perspective en réalisant que n'importe qui peut partir sans que l'on s'y attende. Qu'après la mort il y a la vie et que celle-ci continue malgré tout.
J'ai aimé la relation qui se crée entre l'héroïne et le frère ainé de ce qui aurait dû être son futur beau-frère, ces deux-là ne se seraient pas rencontrer sans cet événement tragique. Ce frère Sakai avec ses cheveux longs et son métier peu commun sort de la norme, ce qui en fait quelqu'un de peu recommandable et pourtant c'est ce qui plait de suite à notre héroïne. La communication tient une place importante entre ces deux êtres qui évoquent l'être cher sur le point de partir mais aussi  leur ressenti sur diverses choses de la vie.

De ces deux histoires c'est la seconde qui m'a le plus touché car elle fait écho à du vécu personnel. Mais la première m'a également plu car elle parvient à dégager une ambiance qui lui est propre.
En tous les cas, pour une première approche avec cette auteure, j'ai aimé ses histoires touchantes et je me lancerai avec plaisir dans d'autres de ses oeuvres.

 

Publié dans littérature japonaise

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article