Toutes nos condoléances

Publié le par Tama

Toutes nos condoléances est un manga en 2 volumes de Tobio Mizuno édité par Black Box qui s'est lancé récemment dans l'édition de manga. Malgré une thématique qui peut paraître sombre et ne prête pas forcément à rire, Toutes nos condoléances aborde de manière très humaine le thème de la mort.

 

 

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Le début se fait de manière très classique, si je puis dire, avec le jeune Jirô qui, après avoir échoué deux fois au concours d'entrée à l'université, se voit obligé de rentrer dans l'entreprise de pompe funèbre familiale. Evidemment, cela ne réjouit pas plus que ça l'intéressé qui a dû subir le sobriquet de fossoyeur pendant tout le lycée. Quand l'histoire commence cela ne fait que six mois qu'il a débuté et a toujours du mal avec le métier. Le manga nous montre d'ailleurs plusieurs facettes des pompes funèbres notamment le rapport délicat entre l'humain et le commerce de la mort. L'organisation de la cérémonie, le repas...tout cela a un coût et il sera plusieurs fois fait mention d'argent. Cela n'est pas forcément bien perçue, comme nous le démontre la première histoire, où notre héros est pris pour une personne sans coeur qui vend ses services comme il vendrait de l'électroménager en grande surface au dépend des personnes qui souffrent. Ce qui lui vaut l'inimité des gens.
Cependant, dans la famille de Jirô c'est d'abord l'humain qui prime. Cette petite entreprise locale ouverte 24h/24h prend soin des défunts mais également de ceux qui restent pour le pleurer. C'est à travers plusieurs petites histoires que Jirô complètera sa formation de croque-mort pour devenir quelqu'un de vraiment investie qui permet de faire le lien entre les vivant et les morts.
Toutes nos condoléances montre bien que la mort frappe partout et tout le monde sans crier gare. Plus que le défunt en lui-même, c'est ici de deuil et de son processus dont il est question. Même si un être cher s'en est allé, la vie continue et c'est elle qu'il faut célébrer plus que la mort. L'auteur arrive à évoquer tout cela avec sobriété et humour sans tomber dans le patho. Car de l'humour il y en a, ce n'est pas la grosse poilade mais cela permet de rendre le tout plus agréable, humain, devant des situations parfois absurdes créer par le décalage. La mort n'est pas pour autant tournée en dérision car certains sujets, comme le suicide ou encore les tâches ingrates comme le transport de dépouilles méconnaissable, sont abordés. Cela montre bien que si le métier n'est pas ordinaire mais il n'en est pas plus facile pour autant.

 

 

S'il y a des reproches que je devrais faire au sujet de ce titre se serait d'abord son dessin. Soyons honnête il y a http://www.manga-news.com/public/images/vols/toutes-nos-condoleances-2-black-box.jpgbeaucoup plus beau. Les visages des personnages sont dessinés de manière très simple, voir caricatural qui pourrait sembler amateur, pourtant ils sont loin d'être dénués d'expressivité. Pour ma part, j'ai rapidement pû faire abstraction de ce détail car le reste se tient bien. Je trouve également regrettable qu'il n'y ai que si peu d'éclairage sur les autres employés des pompes funèbres. Bien que chacun ait au moins droit à un chapitre qui les met en avant, le reste du temps ils se retrouvent effacés au second plan. A part cela, les éditeurs nous parlent du tabou lié à la mort au japon et du fait que ceux qui y travaillent sont vu comme des parias impurs. Dans ce contexte, j'aurais aimé justement avoir plus d'informations à ce sujet, notamment sur comment se déroule exactement une cérémonie mortuaire au japon, car si le manga nous présente plusieurs cas de figures (la relation entres les hôpitaux et les pompes funèbres) et extraits de cérémonie, jamais nous n'en avons une version explicative complète. Je dis cela non par curiosité morbide mais bien parce qu'il s'agit d'une culture différente de la mienne et que je trouvais la thématique intéressante à explorer.

 

 

 

 

Pour finir j'aurais aimé que l'aventure se poursuive un peu plus car il est dommage que certain personnages disparaissent si vite (sans jeu de mots) et voir comment la relation Jirô/Shiori évolue (même si c'est sur la bonne voie). A noter : le deuxième volume du manga se termine par deux histoires supplémentaires Corbeau contre humains, qui a un léger penchant Hitchcockien, et working class. Sans oublier les petites anecdotes de la vie de l'auteur à la fin de chaque volume qui contraste avec la thématique.
Au final, je recommande ce manga aux amateurs du genre ou plus généralement de bande dessinée qui souhaitent passer un bon moment de lecture devant un ouvrage dont les thèmes sortent de l'ordinaire.

Publié dans manga

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