Une pièce montée

Publié le par Tama

Encore  une petite critique d'un livre lu pendant le read-a-thon qui c'est finalement apparenté à la catégorie "livre chorale", dans le sens où chaque chapitre est narré par une personne différente et laisse les récits s'entrecroiser.

Si dans l'ensemble ça se révèle assez plaisant à suivre et plutôt court comme lecture, en détails c'est une autre affaire. En effet les chapitres sont assez inégaux celon moi.

 

 

 

Résumé

 

La pièce montée arrive, sur un plateau immense porté par deux serveurs. Vincent voit osciller au rythme de leur marche cette tour de Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés. Il se dit : C'est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C'est moi. Il se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule. Cette pyramide grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuilles de pain azyme vert pistache et de roses en pâte d'amandes, cette monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine. Et ce couple de mariés perché au sommet, qu'est-ce qu'il symbolise, au juste ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le premier est narré par une fillette, Pauline, qui se rend au mariage avec sa famille. C'est à travers ses yeux et ses pensées que l'on découvre le monde. Au départ j'ai eu vraiment beaucoup de mal a situé de qui il s'agissait, comme si on m'avait laissé sur un chemin désert sans carte ni boussole. C'est exagéré mais c'est un peu ce que j'ai ressenti à la lecture des premières pages. Ca ne veut pas dire que c'est inintéressant, disons que c'est destabilisant.

 

Le second chapitre n'aide pas vraiment non plus. Si il est lui aussi intéressant car il se penche sur le prêtre, Bertrand, chez qui se passe la cérémonie, c'est pour moi le chapitre le plus éloigné du "ton" du livre. Le prêtre ne faisant pas partie intégrante du "cercle" de la famille et des proches, il s'agit d'une pièce rapportée, ce qui l'éloigne déjà. Deuxièmement, si ses reflexions sur l'attitude cavalière des mariés, quant à prendre le mariage religieux comme un engagement sérieux et non pas comme une formalité festive dans un jolie lieu carte postale, tout en s'étendant sur la question de désertion et du désinterêt générale des églises, et l'hypocrisie/mauvaise foi/culte des apparences, m'ont semblé pertinente et véridique, elle dénote un peu avec le reste. De même que l'introduction de "fantastique", à savoir l'apparition d'un être qui ébranle sa foi, est complètement WTF -si je puis me permettre-. Certes je comprends l'initiative de montrer son dilemne intérieur mais pour le coup c'est très maladroit et en décalage.

Pour le reste on aura droit aux classiques beau frère/belle soeur, au marié, à l'oncle, la marié etc...chacun ayant sa propre histoire, parfois plus encré sur ce fameux mariage que d'autres, mais tous donnant un éclaircissement sur cette famille avec ses qualités et ses défauts.

 

Le dernier chapitre est pour le moi le chapitre "tronqué" dans le sens où il annonce la mariée mais finalement nous montre la grand mère pour nous balancer un secret de famille, qui si il n'est absolument pas imprévisible, à quand même le mérite de nous rendre la mariée sympathique. Celle ci n'est pas montrée sous son meilleur jour loin de là. Bérengère, de son petit nom, est une jeune fille qui "en veut", une pimbêche, bourgeoise prétentieuse. Complètement focalisée sur son idée de mariage parfait, plus que son futur époux dépassé par tout ça, qu'elle en oublie l'essentiel pour moi à savoir ce que représente vraiment le mariage. Il lui faut la robe parfaite, le meilleur traîteur, la plus belle église... les rendez vous avec le prêtre ? Broutilles! Les voeux de mariages ?Boarf, on a quand prendre un truc déjà fait hyper bâteau ça passera très bien! Bref je l'ai trouvé exécrable, le point culminant nous est montré dès le premier chapitre quand elle essaye d'éliminer  de la photo de mariage, avec l'aide de ses soeurs, une petite fille trisomique sous pretexte que ça ne va pas avec son idée de mariage parfait, que ça fait "tâche"....cette pauvre gamine, qui au final, n'est que l'instrument de vengeance de la belle mère de la mariée qui ne peut pas encadrer sa future bru.

 

Finalement ce mariage c'est un peu "réglement de compte à O.K Corral" où chaque membre de la famille règle ses différents de manière indirect en petite piques acerbe, remontrances en tout genre, c'est aussi l'occasion de montrer qu'on a réussi, qu'on a du fric et une belle vie. C'est drôle, pathétique, cynique, plein d'hypocrisie et de mauvaise foi.

Au fond c'est ça une famille, des gens complètement différents mais obligés de vivre ensemble dans un microcosme fermé et étroit, uniquement relié par les "liens du sang".

 

 

ps: je sais qu'un film en a été tiré, sorti en 2009, mais je ne l'ai pas vu. Par contre Clémence Poesy à la tête de l'emploi pour Bérengère

Publié dans Lecture

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