Transparent

Publié le par Tama

Parlons bien, parlons BD !  A vrai dire, j’aime énormément la bande dessinée, je lis surtout des mangas mais j’essaie toujours de varier. Dernièrement je complète certaines séries qui avaient des trous, ce qui m’a permis de me replonger dedans. Une en particulier qui m’avait marqué et me marque encore : Transparent.

De son vrai nom "satorare", c’est un manga en 8 tomes. 8 tomes qui concluent en fait le 1er cycle, la suite s’intitulant satorare neo avec seulement 2 tomes et se passant quelques années plus tard, mais apparemment toujours pas fini et en stand-by à ce que j’ai compris.

 

 

De quoi ça parle au juste ? Bien de Transparent… Les transparents sont en des êtres humains tout ce qu’il y a de plus normal à la différence que toutes leurs pensées s’entendent. Imaginez que les gens autour de vous puissent entendre tous ce que vous pensez tout bas mais que vous ne dites pas tout haut, même les choses les plus intimes ou embarrassantes. Imaginez…Vous croisez une jeune femme ou un jeune homme dans la rue et pensez qu’il/elle est bien roulé(e), vous fantasmez sur un/une de vos collègues, vous pensez que votre patron est un gros con, vous dites à vos parents que vous allez réviser chez une amie alors que vous sortez en douce, vous discutez avec quelqu’un en essayant de faire bonne figure mais vous n’arrêtez pas de penser que la conversation est ennuyeuse au possible…et bien tout ça les gens l’entendent et le savent.

En contre partie les transparents sont de véritables génies et considéraient comme des trésors nationaux. L’histoire se passe au japon et nous montre comment la société a mis en place un programme de protection des transparents pour qu’ils ne sachent rien de leur spécificité.

Il est demandé à la population de faire comme si de rien n’était et les transparents sont eux même surveillés et protégés en permanence par le gouvernement.

 

 

Satorare nous présente donc plusieurs de ces transparents (ils sont relativement peu nombreux au japon et l’histoire ne nous les montrera pas tous ou alors brièvement). Le 1er présenté est Yukio Nishiyama étudiant en physique quantique considéré comme l’homme le plus intelligent du monde avec ses lunettes en cul de bouteille, et en même temps véritable obsédé des grosses poitrines et handicapé avec la gente féminine.

Puis on rencontrera Lin Katagiri lycéenne transparente pleine de vie qui dit tout ce qu’elle pense ce qui fait qu’il est difficile au premier abords de voir que c’est une transparente (et l’occasion de quelques situations délicates dites tout hauts). Shigefumi Shiraki second transparent recensé au japon et conscient de sa condition, ce qui l’a grandement traumatisé, au point qu’il a préféré s’exclure de la société, Ken’ichi Satomi dont le rêve est de devenir chirurgien, Jiro Iwata qui aspire à entrer en politique, et bien d’autres…

 

Ce manga est intéressant car il pose plusieurs réflexions sur un univers tout à fait crédible : Doit on dire à un transparent qu’il en est un ? Peut on construire une famille ou une relation de couple heureuse en étant transparent ? Un transparent peut il exercer un métier dans le domaine de la médecine ou la politique qui est couvert par le secret professionnel ? Doit on influencer un transparent dans ces choix de carrière afin que cela soit bénéfique à l’ensemble du pays ?

Tout au long du manga différentes situation et cas de figures seront présentés : les personnes qui veulent voir disparaître les transparents, ceux qui ont le pouvoir d’être hermétiques à leurs pensées, ceux qui essayent de vivre en sachant qu’ils sont transparents, comment vit on avec des transparents dans d’autres pays…

La vie n’est donc pas facile tout les jours pour eux autant que pour ceux qui les surveille. L’émission des pensées des transparents étant différente pour chacun, elle peut s’étendre de quelque mètres à plusieurs km sous une émotion forte. Ce qui peut gêner le voisinage ou bien influencer les gens.

 

Nous vivons dans une société où –pour reprendre une maxime d’un docteur célèbre- tout le monde ment. Pour vivre en société les gens font des concessions ou des choix par forcement facile, se frustrent…alors qu’un transparent par définition ne peut pas mentir, malgré lui. Nous vivons dans une société hypocrite, et le manga amène a penser, peut on vivre autrement ? Pourrait on vivre dans un monde où tout le monde dit ce qu’il pense ? Toute vérité est elle bonne à dire ?

 

Il me semble que cette série n’a pas eu un succès retentissant en France car n’étant, déjà, pas très attrayante. Les couvertures des tomes sont assez moches, la faute n’en revient pas à l’éditeur Glénat mais son auteur Makoto Sato qui était juste là assistant mangaka. Cela se voit sur les dessins, parfois grossiers ou maladroits, et une colorisation des illustrations pas franchement géniale. L’autre reproche que je ferais à la série, c’est d’être parfois trop bavarde et explicative surtout dans certaines scènes d’actions, et des passages très en dessous de la ceinture dans la premiers tomes. Mais après tout c’est humain de penser à ça, non ?

Bref, transparent n’est certes pas ma série préférée, mais elle m’a beaucoup marqué par les thèmes et réflexions abordées. Elle mérite à mon sens qu’on y jette un œil.

Publié dans manga

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