Les contes du Magatama : La fille de l'eau

Publié le par Tama

Après des titres comme les douze royaumes et la charmeuse de bête, que j’ai énormément appréciée, j’étais en recherche de romans japonais mêlant fantastique et mythologie. La fille de l’eau de Noriko Ogiwara semblait correspondre tout à fait à ce que je recherchais et je me suis donc jetée dessus. Au final j’avoue avoir été déçue, en partie parce que mes espérances n’ont pas été comblé. Peut-être ai-je  mis mes exigences trop à la hausse ? Quoiqu’il en soit la fille de l’eau est sympathique mais décevant à mes yeux.

 

résumé :

Voici d’innombrables générations que le dieu de la lumière et la déesse des ténèbres s’affrontent dans une guerre impitoyable.
Mais Saya n’a que quinze ans ; pour elle, cette guerre lointaine est sans grande importance. Jusqu’au jour où elle apprend qu’elle est la réincarnation de la fille de l’eau, la princesse du peuple des ténèbres. Tandis que le prince de la lumière lui offre de l’épouser, son peuple l’exhorte à le rejoindre afin de le sauver.
Saya, éduquée dans l’amour de la lumière et la haine des ténèbres, peut-elle accepter un tel héritage? Lumière et ténèbres cherchent à s’attirer sa loyauté, car elle est la seule capable d’éveiller la légendaire épée du dragon, une arme terrifiante censée mettre fin à cette guerre millénaire.
Parviendra-t-elle à faire le bon choix ou connaîtra-t-elle un sort funeste, comme toutes les filles de l’eau qui l’ont précédée?


Le livre présente une mythologie simple mais intéressante : l’éternel combat entre l’ombre et la lumière mais où les rôles gentil/méchant seraient inversés mais pas totalement, chacun ayant à la fois raison et tort. La quatrième de couverture révèle d’ailleurs quasiment la moitié de l’histoire dans les grandes lignes. Le hic justement est que l’histoire restera dans les grandes lignes, tout avance très vite, parfois de manière très prévisible, sans vraiment s’attarder sur les personnages, leurs émotions, leurs relations…la plupart resterons « plat » dans le sens où l’on ne s’intéressera qu’à la surface une grande partie du temps. Si bien que j’ai du mal à croire à l’attachement de certains personnages. En premier celui de Saya pour le prince de la lumière puis plus tard pour un autre personnage. La première fois qu’elle évoque « son amour » pour le prince, il s’agit d’une boutade lors d’une cérémonie où les jeunes filles sont censées rencontrer un potentiel mari. Lorsque le prince en question arrive et lui déclare son amour tout ceci semble bien soudain mais pas choquant quand l’auteur nous fait découvrir ses antécédents. Par contre du côté de Saya la question se pose, qu’elle soit éblouie par la lumière et par sa beauté, oui, amoureuse, non. L’auteure nous dit qu’elle l’est mais jamais ne nous le montre. Les quelques fois où celle-ci se trouve en présence du prince, la part belle est laissée à la discussion entre lui et sa sœur, Saya ne faisant que tapisserie. De plus l’héroïne est au final assez plate. Présentée comme la seule capable d’éveiller l’épée et d’apaiser les esprits, elle échouera dans les deux missions : la première parce qu’une autre personne prendra sa place dans le maniement de l’épée, la seconde car elle n’essaiera vraiment jamais préférant se plaindre que c’est impossible. C’est au final donner un grand rôle à un personnage qui ne fait…rien ou presque. Elle passera le plus clair de son temps à pleurer ou réprimander les autres. Nous ne la verrons pas se battre, ni tenir tête, ni prendre les devants…il n’y aura pas non plus d’introspections approfondie ni pour elle, ni pour d’autres. L’auteur zappant tout cela pour ne nous donner que les conclusions du cheminent de pensées de ses personnages.

Dommage également que la relation entre le prince et la princesse de la lumière ne soit pas plus approfondie, de même que l’histoire de la princesse Sayura. Certains personnages sont tout de même attachants comme Torihiko ou Natsume mais auraient pu être plus développés.

Un autre point qui m’a fait tiquer vient de la traduction, à certains moments au début du livre lors de dialogue il m’a été parfois difficile d’identifier qui parlait, de même que si la lecture est fluide des termes au style un peu ampoulé viennent faire tâche.

En somme un roman avec du potentiel, un univers intéressant mais sur lequel j’aurais aimé que l’auteur s’arrête un peu plus pour développer certains passages ou personnages pour donner plus d’épaisseur. La fille de l’eau est un livre plaisant qui se lit vite.

L’intérêt de cette édition est d’avoir inclus, en plus d’une courte bio de l’auteur, une postface ou Noriko Ogiwara explique son parcours mais aussi ses influence pour la jeune fille de l’eau.

 

Etant donné que l’auteure n’est pas novice dans le domaine et que ce roman n’est que le premier, j’attends de voir la suite qui semble prometteuse. 

La jeune fille de l'eau

Les contes du Magatama

Publié dans littérature japonaise

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